Dernières notes
Loïc Boyer
Je suis l’auteur de textes courts qui furent publiés depuis mil neuf cent quatre-vingt-quinze dans des revues littéraires en France (Supérieur Inconnu, Supplément d’Ame, Nouvelle Donne, Le Bord de l’Eau, Pris de Peur, l’Art du Bref, Sol’Air, Gros Textes, Salmigondis, Verso, Décharge, Bulle, Filigranes, Diérèse, Martobre, Comme ça et Autrement, (Cahier d’) Ecritures, La Nef des Fous), en Belgique (Traversées, Ecrits Vains, L’Arbre à Plumes, Inédit Nouveau, Bleu d’Encre), au Canada (Les Saisons Littéraires) et en Italie (Les Cahiers du Ru).
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.
Les courageuses Editions du Chardon ont publié en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf Erotica, un recueil de vingt-huit de ces textes, illustré par Isabelle Pio et Antoine Lopez et préfacé par Sarane Alexandrian, toujours disponible auprès de moi.
Je suis également l’auteur d’une pièce de théâtre et de plusieurs romans ou récits à ce jour inédits.
Depuis le onze novembre deux mille six, je publie mon Journal via Internet, un temps sous-titré Persiflages, moquages et autres énervages mâtinés de complimentages et de contentages. Sa première partie est lisible chez Eklablog, la deuxième ici.
Je vis au centre de Rouen dans un ancien monastère où autrefois les Sœurs de la Miséricorde se vouaient à l’éducation des jeunes filles.
4 septembre 2024
Une première nuit, bonne, dans mon Air Bibi vieillot dont le point fort est la vue sur la mer toute proche, précisément sur l’entrée de la plage et de la promenade du Plat Gousset.
Le ciel est gris au lever du jour. Un peu avant huit heures, j’achète un pain au chocolat à la Boulangerie du Casino (un euro trente) et rejoins Le Grand Café. Las, sur sa vitre, une affichette annonce une fermeture exceptionnelle pour ce mardi. Je me rabats, un peu plus loin dans la même rue, sur Le Derby, un bar tabac dont le patron s’appelle Bruno. On y subit Nostalgie. L’allongé est à un euro soixante. Bruno refuse ma pièce de deux euros. Elle a une sale tête, comme passée sous un rouleau compresseur. Aucun de ses clients n’en voudra. Il faut la rapporter à la banque. Je lui en trouve une autre.
Sorti de là, je fais quelques courses utilitaires chez Utile puis, à l’Office du Tourisme, une agréable hôtesse m’imprime les horaires de rentrée des bus Néva et me renseigne sur les trois cars Nomad du coin.
A la sortie, une drache m’oblige à chercher refuge dans l’entrée du bâtiment de la Douane. Quand ça se calme un peu, je marche jusqu’à Au Tout Va Bien sur le port de pêche. Le café y est à un euro quarante. On y entend une musique planante. Je commence là ma lecture du premier volume du Journal de Jean-Luc Lagarce. De derrière son comptoir, Céline, la patronne s’immisce dans les conversations des habitués assis en salle. Tous ces gens sont des habitués des voyages en Thaïlande. L’endroit fait repas à midi. J’y déjeune du menu du jour à dix-huit euros: tarte fine à l’oignon, cuisse de poulet frites, tropézienne (ce dessert est décevant).
Comme il fait meilleur, je vais marcher sur la promenade du Plat Gousset au-dessus de la plage du même nom et de la piscine d’eau de mer rectangulaire. Les cabines de plage sont encore là, fermées. Tout au bout est le sévère escalier qui permet d’atteindre le jardin public Christian Dior, ce sera pour un autre jour.
Revenu en ville, j’achète chez Deux Vrèdes une ceinture fabriquée en France. Celle fabriquée en Suède, achetée chez Hache et Aime à Lorient début juin, n’aura pas tenu longtemps. Celle-ci est deux fois plus chère.
Suit un café lecture sous la véranda de The Tender Bar avec vue sur le Théâtre de l’Archipel, sur le Casino et sur les cabines de plage, la mer étant cachée par les voitures. Je lis Lagarce jusqu’à ce que la musique de plus en plus forte me fasse partir. Cet endroit est désagréable, je n’aime pas ce bruit, ni l’amabilité forcée de la serveuse. Le café y est à un euro quatre-vingt-dix. Je le paie avec la pièce de deux euros refusée au Derby.
*
Un peu partout, par groupes de quatre filles ou quatre garçons, des élèves de collège plan et questionnaire en main. Leur prof les a envoyés à la découverte de la ville. Ce qui lui donne une journée de congé supplémentaire. J’ai déjà vu ça à Guingamp.
*
Plus moyen de dicter mon texte à mon smartphone, un problème de micro. Obligé de le taper à deux doigts, avec quasiment une faute de frappe par mot.
Le ciel est gris au lever du jour. Un peu avant huit heures, j’achète un pain au chocolat à la Boulangerie du Casino (un euro trente) et rejoins Le Grand Café. Las, sur sa vitre, une affichette annonce une fermeture exceptionnelle pour ce mardi. Je me rabats, un peu plus loin dans la même rue, sur Le Derby, un bar tabac dont le patron s’appelle Bruno. On y subit Nostalgie. L’allongé est à un euro soixante. Bruno refuse ma pièce de deux euros. Elle a une sale tête, comme passée sous un rouleau compresseur. Aucun de ses clients n’en voudra. Il faut la rapporter à la banque. Je lui en trouve une autre.
Sorti de là, je fais quelques courses utilitaires chez Utile puis, à l’Office du Tourisme, une agréable hôtesse m’imprime les horaires de rentrée des bus Néva et me renseigne sur les trois cars Nomad du coin.
A la sortie, une drache m’oblige à chercher refuge dans l’entrée du bâtiment de la Douane. Quand ça se calme un peu, je marche jusqu’à Au Tout Va Bien sur le port de pêche. Le café y est à un euro quarante. On y entend une musique planante. Je commence là ma lecture du premier volume du Journal de Jean-Luc Lagarce. De derrière son comptoir, Céline, la patronne s’immisce dans les conversations des habitués assis en salle. Tous ces gens sont des habitués des voyages en Thaïlande. L’endroit fait repas à midi. J’y déjeune du menu du jour à dix-huit euros: tarte fine à l’oignon, cuisse de poulet frites, tropézienne (ce dessert est décevant).
Comme il fait meilleur, je vais marcher sur la promenade du Plat Gousset au-dessus de la plage du même nom et de la piscine d’eau de mer rectangulaire. Les cabines de plage sont encore là, fermées. Tout au bout est le sévère escalier qui permet d’atteindre le jardin public Christian Dior, ce sera pour un autre jour.
Revenu en ville, j’achète chez Deux Vrèdes une ceinture fabriquée en France. Celle fabriquée en Suède, achetée chez Hache et Aime à Lorient début juin, n’aura pas tenu longtemps. Celle-ci est deux fois plus chère.
Suit un café lecture sous la véranda de The Tender Bar avec vue sur le Théâtre de l’Archipel, sur le Casino et sur les cabines de plage, la mer étant cachée par les voitures. Je lis Lagarce jusqu’à ce que la musique de plus en plus forte me fasse partir. Cet endroit est désagréable, je n’aime pas ce bruit, ni l’amabilité forcée de la serveuse. Le café y est à un euro quatre-vingt-dix. Je le paie avec la pièce de deux euros refusée au Derby.
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Un peu partout, par groupes de quatre filles ou quatre garçons, des élèves de collège plan et questionnaire en main. Leur prof les a envoyés à la découverte de la ville. Ce qui lui donne une journée de congé supplémentaire. J’ai déjà vu ça à Guingamp.
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Plus moyen de dicter mon texte à mon smartphone, un problème de micro. Obligé de le taper à deux doigts, avec quasiment une faute de frappe par mot.
3 septembre 2024
En ce lundi de rentrée scolaire, je repars en vadrouille, cette fois sans quitter la Normandie. Le jour pas encore levé, tirant ma valise, je rejoins la Gare de Rouen. Le train Nomad de sept heures quatre m’attend voie Deux. Il desservira Elbeuf Saint-Aubin, Bourgtheroulde Thuit-Hébert, Brionne, Serquigny, Bernay, Lisieux et Mézidon Canon. Très peu de monde au départ, il s’emplit un peu au fil des arrêts. La campagne défile sous un ciel gris. Lisieux, la Basilique toujours énorme et les scolaires la tête à l’envers. « J’ai pas envie », dit l’une. Des éoliennes et un peu de ciel bleu avant d’arriver à Caen.
J’ai vingt minutes avant le train Nomad pour Granville, départ à neuf heures huit. Il desservira Bayeux, Lison, Saint-Lô et Coutances. Peu de monde au départ, mes voisins de devant sont deux véliplanchistes avec leur encombrant matériel. Une autre campagne défile, ensoleillée. La belle Cathédrale de Bayeux. Après Lison, ça redevient gris et à Coutances la pluie.
Il pleut toujours lorsque j’arrive à Granville. J’ai repéré, sur le plan envoyé par l’Office du Tourisme, mon trajet jusqu’au studio Air Bibi où doit m’attendre ma logeuse mais je dois me faire aider au départ pour trouver la bonne direction. J’arrive un peu trempé à la boutique devant laquelle elle doit être mais personne. Je m’abrite sous l’auvent d’un salon de thé et attend qu’elle apparaisse.
J’étais prévenu. L’escalier est rude. Dès le rez-de-chaussée cela grimpe hardiment. Il faut d’abord se tenir à une corde. Ensuite les marches sont encore hautes mais la rampe plus traditionnelle. Je suis dans le studio numéro cinq. Je devais être en dessous mais au dernier moment la logeuse m’a changé de lieu pour un problème de lavabo. Je suis donc sous les toits et j’espère qu’il ne va pas faire trop chaud dans les jours à venir.
Mon bagage déposé, je redescends afin de déjeuner quelque part. Quelque part est bien le terme qui convient, je ne sais absolument pas où aller. Une marchande de tabac m’indique sur une place Le Pirate qui est ouvert le lundi. J’y occupe une table à l’intérieur et me satisfais de la formule du jour à quinze euros cinquante : terrine de Saint-Jacques, sauté de porc au curry.
Le Pirate est ainsi nommé en l’honneur de Georges-René Le Pelley de Préville, dit le Pirate à la Jambe de Bois, né à Granville, mousse, marin pêcheur, corsaire et officier de marine, capitaine de bord, amiral, Ministre de la Marine et des Colonies sous la Révolution, armateur sous l’Empire. La clientèle est assez déprimante, des vieux pouvant rester en vacances quand les autres sont rentrés. Derrière moi deux femmes parlent d’une connaissance commune qui vit comme une sans-abri mais à l’hôtel. Elle se balade toujours avec des sacs en plastique et n’a pas changé de vêtements depuis six ans.
A la fin de mon repas, la pluie ayant cessé, je vais rejoins le Port de Pêche espérant y boire le café mais il n’y faut pas compter, le lundi tous les bars du coin sont fermés. Je retourne vers mon logis près de la mer et du Casino. Je me dirige vers le seul café ayant l’air ouvert, The Tender Bar, très éclairé mais aussi très fermé, car, me dit le patron, avec tous les collègues, on fête la fin de la saison. Il me renvoie à l’intérieur de la ville. Je n’ai que le choix du Pirate où le noir breuvage est à un euro soixante. Celui-ci bu, je rentre avant qu’il ne se remette à pleuvoir.
*
On est con, mais pas au point de voyager pour le plaisir. (Samuel Beckett par la bouche d’un de ses personnages)
J’ai vingt minutes avant le train Nomad pour Granville, départ à neuf heures huit. Il desservira Bayeux, Lison, Saint-Lô et Coutances. Peu de monde au départ, mes voisins de devant sont deux véliplanchistes avec leur encombrant matériel. Une autre campagne défile, ensoleillée. La belle Cathédrale de Bayeux. Après Lison, ça redevient gris et à Coutances la pluie.
Il pleut toujours lorsque j’arrive à Granville. J’ai repéré, sur le plan envoyé par l’Office du Tourisme, mon trajet jusqu’au studio Air Bibi où doit m’attendre ma logeuse mais je dois me faire aider au départ pour trouver la bonne direction. J’arrive un peu trempé à la boutique devant laquelle elle doit être mais personne. Je m’abrite sous l’auvent d’un salon de thé et attend qu’elle apparaisse.
J’étais prévenu. L’escalier est rude. Dès le rez-de-chaussée cela grimpe hardiment. Il faut d’abord se tenir à une corde. Ensuite les marches sont encore hautes mais la rampe plus traditionnelle. Je suis dans le studio numéro cinq. Je devais être en dessous mais au dernier moment la logeuse m’a changé de lieu pour un problème de lavabo. Je suis donc sous les toits et j’espère qu’il ne va pas faire trop chaud dans les jours à venir.
Mon bagage déposé, je redescends afin de déjeuner quelque part. Quelque part est bien le terme qui convient, je ne sais absolument pas où aller. Une marchande de tabac m’indique sur une place Le Pirate qui est ouvert le lundi. J’y occupe une table à l’intérieur et me satisfais de la formule du jour à quinze euros cinquante : terrine de Saint-Jacques, sauté de porc au curry.
Le Pirate est ainsi nommé en l’honneur de Georges-René Le Pelley de Préville, dit le Pirate à la Jambe de Bois, né à Granville, mousse, marin pêcheur, corsaire et officier de marine, capitaine de bord, amiral, Ministre de la Marine et des Colonies sous la Révolution, armateur sous l’Empire. La clientèle est assez déprimante, des vieux pouvant rester en vacances quand les autres sont rentrés. Derrière moi deux femmes parlent d’une connaissance commune qui vit comme une sans-abri mais à l’hôtel. Elle se balade toujours avec des sacs en plastique et n’a pas changé de vêtements depuis six ans.
A la fin de mon repas, la pluie ayant cessé, je vais rejoins le Port de Pêche espérant y boire le café mais il n’y faut pas compter, le lundi tous les bars du coin sont fermés. Je retourne vers mon logis près de la mer et du Casino. Je me dirige vers le seul café ayant l’air ouvert, The Tender Bar, très éclairé mais aussi très fermé, car, me dit le patron, avec tous les collègues, on fête la fin de la saison. Il me renvoie à l’intérieur de la ville. Je n’ai que le choix du Pirate où le noir breuvage est à un euro soixante. Celui-ci bu, je rentre avant qu’il ne se remette à pleuvoir.
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On est con, mais pas au point de voyager pour le plaisir. (Samuel Beckett par la bouche d’un de ses personnages)
31 août 2024
Dernier vendredi d’août, jour de prérentrée des enseignant(e)s. Comme j’aurais été furieux si j’avais dû autrefois retourner travailler avant septembre. J’ai une pensée particulière pour celle qui me tenait la main à la fin du vingtième siècle pour qui c’est la fin des vacances.
Ce trente août, à la terrasse du Son du Cor, j’arrive au bout des mille six cent quatorze pages de Correspondance des routes croisées de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet. Passionnante lecture qui m’aura pris tout le mois, à raison de deux ou trois heures chaque jour, sauf les mercredis.
En soirée, souvent sur le banc du jardin, je lisais autre chose. Récemment, le deuxième volume de Paris Review les entretiens, des rencontres fort intéressantes avec les meilleurs écrivains anglophones. Mercredi soir, j’étais accompagné par les effluves musicaux de la Vashfol. La fanfare donnait concert sur le parvis de la Cathédrale. Son répertoire va de Paint it Black au Pornographe du phonographe.
*
Dans la boîte à livres de l’esplanade Marcel-Duchamp, un vieux numéro de France Culture Papiers. Je prends conscience qu’on n’en parle plus à l’antenne, de cette revue. Et pour cause, elle a discrètement disparu. J’avais prévu son échec. Il a fini par arriver.
Dans la boîte à livres du Vieux Marché, comme souvent, plusieurs exemplaires de L’Eau Vive édité par des chrétiens évangéliques. Je les prends à chaque fois, direction la poubelle la plus proche.
*
Découverte du parler suisse dans les missives de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet. Ainsi : « foutu loin » pour « jeté à la poubelle » (Les numéros de L’Eau Vive, je les ai foutus loin) et « je me tiens les pouces » pour « je croise les doigts » (Je me tiens les pouces pour qu’il fasse beau en septembre et octobre).
*
Le dernier jour d’août, je suis à la Gare, attendant qu’arrive le train de dix heures trente avec à l’intérieur celle qui travaille du côté de la Bastille et me donnait la main au début du vingt et unième siècle. Nous buvons des cafés à la Brasserie Paul qui est toujours fière d’avoir eu comme clients Marcel Duchamp et Simone de Beauvoir (mais elle était ailleurs), parlons de choses graves en écoutant le concert de carillon et décidons d’y déjeuner d’un simple risotto. Vers treize heures, elle me quitte car ce n’est pas pour moi qu’elle est à Rouen ce samedi mais pour un ancien copain de lycée dont elle sera témoin de mariage. Aujourd’hui, il enterre sa vie de garçon.
*
Ultime lecture d’août au Son du Cor Comment c’était (Souvenirs sur Samuel Becket) d’Anne Atik. Un livre traduit de l’anglais par Emmanuel Moses à qui j’ai vendu un livre récemment (un autre à Jean-Guy Talamoni).
Ce trente août, à la terrasse du Son du Cor, j’arrive au bout des mille six cent quatorze pages de Correspondance des routes croisées de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet. Passionnante lecture qui m’aura pris tout le mois, à raison de deux ou trois heures chaque jour, sauf les mercredis.
En soirée, souvent sur le banc du jardin, je lisais autre chose. Récemment, le deuxième volume de Paris Review les entretiens, des rencontres fort intéressantes avec les meilleurs écrivains anglophones. Mercredi soir, j’étais accompagné par les effluves musicaux de la Vashfol. La fanfare donnait concert sur le parvis de la Cathédrale. Son répertoire va de Paint it Black au Pornographe du phonographe.
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Dans la boîte à livres de l’esplanade Marcel-Duchamp, un vieux numéro de France Culture Papiers. Je prends conscience qu’on n’en parle plus à l’antenne, de cette revue. Et pour cause, elle a discrètement disparu. J’avais prévu son échec. Il a fini par arriver.
Dans la boîte à livres du Vieux Marché, comme souvent, plusieurs exemplaires de L’Eau Vive édité par des chrétiens évangéliques. Je les prends à chaque fois, direction la poubelle la plus proche.
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Découverte du parler suisse dans les missives de Nicolas Bouvier et Thierry Vernet. Ainsi : « foutu loin » pour « jeté à la poubelle » (Les numéros de L’Eau Vive, je les ai foutus loin) et « je me tiens les pouces » pour « je croise les doigts » (Je me tiens les pouces pour qu’il fasse beau en septembre et octobre).
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Le dernier jour d’août, je suis à la Gare, attendant qu’arrive le train de dix heures trente avec à l’intérieur celle qui travaille du côté de la Bastille et me donnait la main au début du vingt et unième siècle. Nous buvons des cafés à la Brasserie Paul qui est toujours fière d’avoir eu comme clients Marcel Duchamp et Simone de Beauvoir (mais elle était ailleurs), parlons de choses graves en écoutant le concert de carillon et décidons d’y déjeuner d’un simple risotto. Vers treize heures, elle me quitte car ce n’est pas pour moi qu’elle est à Rouen ce samedi mais pour un ancien copain de lycée dont elle sera témoin de mariage. Aujourd’hui, il enterre sa vie de garçon.
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Ultime lecture d’août au Son du Cor Comment c’était (Souvenirs sur Samuel Becket) d’Anne Atik. Un livre traduit de l’anglais par Emmanuel Moses à qui j’ai vendu un livre récemment (un autre à Jean-Guy Talamoni).
29 août 2024
Ce dernier mercredi d’août est le premier jour des Jeux Paralympiques, celui de la cérémonie d’ouverture et, avant cela, de la balade de la Flamme dans les rues de Paris, une Flamme en douze exemplaires, donc présente un peu partout dans la ville, j’espère néanmoins y échapper.
Le train de sept heures vingt-trois est un long comme prévu et le trajet effectué dans le temps réglementaire, cela sous un ciel bleu.
Ayant rejoint le onzième arrondissement dans des métros de nouveau fréquentés, je bois un café au comptoir du Camélia dont je suis le seul client, explore en vain les livres d’Emile au Marché d’Aligre et rejoins Re-Read cinq minutes avant l’ouverture.
Même si je ne trouve encore une fois rien à acheter, j’y vois de meilleurs livres qu’au Bibliovore rouennais parce qu’à Paris globalement on lit mieux qu’en province. Tiens, je ne savais pas que Mark Twain avait écrit La saga de Jeanne d’Arc, dommage que la Pucelle me laisse indifférent. Tiens, la Correspondance Flaubert Sand, que j’ai déjà, est encore là, depuis plusieurs semaines, et pour ma grande joie, car cela montre qu’on est peu à lire les correspondances et journaux d’écrivains.
Il y a foule chez Book-Off, essentiellement des vendeurs de livres cédés dévédés etc. C’est la fin du mois et c’est la rentrée. Chacun repart avec moins d’argent qu’espéré. Je reste également sur ma faim car côté livres à un euro, Mon journal depuis la Libération de Jean Galtier-Boissière (Phébus libretto) et c’est tout.
Au Rallye, je fais suivre mon coutumier filet de hareng pommes à l’huile de lasagnes bolognaises. Le puîné de la maison met le nez dans son cahier de vacances (il est temps), puis lit avec sa mère, puis tue une mouche avec la raquette électrique. « Il faut tenir en même temps le rôle de parent, le rôle de prof et le rôle de cafetier », commente la maitresse des lieux qui parle un meilleur français que son mari.
Je suis content, entrant au deuxième Book-Off, d’y entendre à nouveau Fip. J’en explore le chaud sous-sol, trouvant, parmi les ouvrages à un euro, à mettre dans mon panier uniquement Comment c’était (Souvenirs sur Samuel Beckett) d’Anne Atik (Editions de l’Olivier).
Le troisième Book-Off sauvera-t-il ma journée ? C’est ce que je me demande devant mon café verre d’eau au comptoir du désert Bistrot d’Edmond.
La question, elle est vite répondue. Rien pour moi. Cependant, à un euro pièce, je me laisse aller à faire miens Nuit de haschich et d’opium de Maurice Magre et Voyage au bout de l’envers de Frédéric Marinacce. Je ne sais pas résister aux petits livres des Editions Kailash de Pondichéry.
Je rentre à Rouen sans avoir vu la queue d’une Flamme. Dans le train de seize heures quarante, mes voisins d’outre couloir sont deux moniteurs de colo qui retournent chez eux après le séjour et se demandent l’un à l’autre « des potins », c’est-à-dire qui a couché avec qui. Je termine là ma lecture des courts récits des voyages de proximité de Francis Navarre réunis dans De l’Hexagone considéré comme un exotisme, un livre qui m’aura moins plu que je l’espérais, écrit par un auteur qui emploie de façon erronée le mot éponyme.
*
Au Book-Off de Ledru-Rollin un homme dont l’une des poches du sac à dos bée.
-Votre sac est ouvert, lui dis-je.
-Oh pardon, me répond-t-il au lieu de me remercier.
Comme si c’était sa braguette.
Le train de sept heures vingt-trois est un long comme prévu et le trajet effectué dans le temps réglementaire, cela sous un ciel bleu.
Ayant rejoint le onzième arrondissement dans des métros de nouveau fréquentés, je bois un café au comptoir du Camélia dont je suis le seul client, explore en vain les livres d’Emile au Marché d’Aligre et rejoins Re-Read cinq minutes avant l’ouverture.
Même si je ne trouve encore une fois rien à acheter, j’y vois de meilleurs livres qu’au Bibliovore rouennais parce qu’à Paris globalement on lit mieux qu’en province. Tiens, je ne savais pas que Mark Twain avait écrit La saga de Jeanne d’Arc, dommage que la Pucelle me laisse indifférent. Tiens, la Correspondance Flaubert Sand, que j’ai déjà, est encore là, depuis plusieurs semaines, et pour ma grande joie, car cela montre qu’on est peu à lire les correspondances et journaux d’écrivains.
Il y a foule chez Book-Off, essentiellement des vendeurs de livres cédés dévédés etc. C’est la fin du mois et c’est la rentrée. Chacun repart avec moins d’argent qu’espéré. Je reste également sur ma faim car côté livres à un euro, Mon journal depuis la Libération de Jean Galtier-Boissière (Phébus libretto) et c’est tout.
Au Rallye, je fais suivre mon coutumier filet de hareng pommes à l’huile de lasagnes bolognaises. Le puîné de la maison met le nez dans son cahier de vacances (il est temps), puis lit avec sa mère, puis tue une mouche avec la raquette électrique. « Il faut tenir en même temps le rôle de parent, le rôle de prof et le rôle de cafetier », commente la maitresse des lieux qui parle un meilleur français que son mari.
Je suis content, entrant au deuxième Book-Off, d’y entendre à nouveau Fip. J’en explore le chaud sous-sol, trouvant, parmi les ouvrages à un euro, à mettre dans mon panier uniquement Comment c’était (Souvenirs sur Samuel Beckett) d’Anne Atik (Editions de l’Olivier).
Le troisième Book-Off sauvera-t-il ma journée ? C’est ce que je me demande devant mon café verre d’eau au comptoir du désert Bistrot d’Edmond.
La question, elle est vite répondue. Rien pour moi. Cependant, à un euro pièce, je me laisse aller à faire miens Nuit de haschich et d’opium de Maurice Magre et Voyage au bout de l’envers de Frédéric Marinacce. Je ne sais pas résister aux petits livres des Editions Kailash de Pondichéry.
Je rentre à Rouen sans avoir vu la queue d’une Flamme. Dans le train de seize heures quarante, mes voisins d’outre couloir sont deux moniteurs de colo qui retournent chez eux après le séjour et se demandent l’un à l’autre « des potins », c’est-à-dire qui a couché avec qui. Je termine là ma lecture des courts récits des voyages de proximité de Francis Navarre réunis dans De l’Hexagone considéré comme un exotisme, un livre qui m’aura moins plu que je l’espérais, écrit par un auteur qui emploie de façon erronée le mot éponyme.
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Au Book-Off de Ledru-Rollin un homme dont l’une des poches du sac à dos bée.
-Votre sac est ouvert, lui dis-je.
-Oh pardon, me répond-t-il au lieu de me remercier.
Comme si c’était sa braguette.
27 août 2024
Un nouveau spectacle Cathédrale de lumière est à l’affiche cette année, proposé par la Métropole Rouen Normandie sous le titre Star and Stone : a kind of love… some say. Ce que l’on peut traduite par « Astre et Roc : une sorte d’amour … comme ils disent ». C’est une création de Bob Wilson.
J’arrive sur le parvis à dix heures moins dix ce lundi soir, y trouve du monde assis sur les pavés et du monde debout. Comme tous les vieux, je dois rester debout.
A dix heures tapantes, ça commence. Des poésies de Maya Angelou sont dites par Bob Wilson et leur traduction en français par Isabelle Huppert sur fond d’extraits des musiques de Philip Glass. Il est surtout question de la vie et de la mort. Vers la fin, des élèves du Collège Fontenelle et des Lycées Corneille et Flaubert ajoutent leurs voix bilingues à celles des deux professionnels.
Pendant ce temps, sur la façade de la Cathédrale se succèdent des séquences évoquant paraît-il l’histoire de Rouen. Des images assez sommaires qui donnent à penser qu’on ne s’est pas foulé ou que l’argent manquait Bref, je suis plus intéressé par le son que par la lumière, le jeune couple à ma droite ayant lui choisi de s’éclipser à mi-parcours. Lequel dure une demi-heure. Les applaudissements sont mesurés.
J’arrive sur le parvis à dix heures moins dix ce lundi soir, y trouve du monde assis sur les pavés et du monde debout. Comme tous les vieux, je dois rester debout.
A dix heures tapantes, ça commence. Des poésies de Maya Angelou sont dites par Bob Wilson et leur traduction en français par Isabelle Huppert sur fond d’extraits des musiques de Philip Glass. Il est surtout question de la vie et de la mort. Vers la fin, des élèves du Collège Fontenelle et des Lycées Corneille et Flaubert ajoutent leurs voix bilingues à celles des deux professionnels.
Pendant ce temps, sur la façade de la Cathédrale se succèdent des séquences évoquant paraît-il l’histoire de Rouen. Des images assez sommaires qui donnent à penser qu’on ne s’est pas foulé ou que l’argent manquait Bref, je suis plus intéressé par le son que par la lumière, le jeune couple à ma droite ayant lui choisi de s’éclipser à mi-parcours. Lequel dure une demi-heure. Les applaudissements sont mesurés.
24 août 2024
La trêve va se terminer, les Jeux Paralympiques menacent. A Rouen, cela se traduit par le retour de la flamme. Cette nouvelle procession du Saint-Sacrement ne me gênera pas. Ce dimanche en fin d’après-midi que ferais-je en ville ?
Ce samedi, déjà des restrictions de stationnement, mais rien qui puisse me gêner pour rejoindre pédestrement la Gare de Rouen afin d’y imprimer mes billets de train de mercredi. Il me faut trouver un automate en état de marche. L’un semble fonctionner mais, au bout de la procédure, l’obtention du billet ne peut se faire faute de papier dans la machine. Je recommence ailleurs. Heureusement, la Gare de Rouen dispose de pas mal d’automates.
Le problème avec mes billets en papier qui ressemblent à des tickets de caisse, c’est que depuis quelques semaines leur Cul Air Code n’est plus lisible aux bornes Ile de France et aux bornes Normandie de la Gare Saint-Lazare. A mon arrivée à Paris, je franchis les barrières à Pécresse en collant aux fesses de la personne qui me précède. Au retour, à chaque fois, je suis bloqué aux barrières à Morin. Un Gilet Rouge Nomad doit venir à mon secours et me faire passer avec son badge. Evidemment, quand le contrôleur passe, mon billet n’est pas reconnu par son scanneur. Il doit le vérifier à l’ancienne, en lisant avec ses yeux ce qui est écrit. En conséquence, je ne compte pas dans le nombre des voyageurs.
*
Une jeune touriste, découvrant la succession d’inscriptions à la peinture rouge « Le bruit tue ! », la première à la sortie de la copropriété où je vis, les suivantes à gauche dans la ruelle : « C’est fou de faire ça. »
Ce samedi, déjà des restrictions de stationnement, mais rien qui puisse me gêner pour rejoindre pédestrement la Gare de Rouen afin d’y imprimer mes billets de train de mercredi. Il me faut trouver un automate en état de marche. L’un semble fonctionner mais, au bout de la procédure, l’obtention du billet ne peut se faire faute de papier dans la machine. Je recommence ailleurs. Heureusement, la Gare de Rouen dispose de pas mal d’automates.
Le problème avec mes billets en papier qui ressemblent à des tickets de caisse, c’est que depuis quelques semaines leur Cul Air Code n’est plus lisible aux bornes Ile de France et aux bornes Normandie de la Gare Saint-Lazare. A mon arrivée à Paris, je franchis les barrières à Pécresse en collant aux fesses de la personne qui me précède. Au retour, à chaque fois, je suis bloqué aux barrières à Morin. Un Gilet Rouge Nomad doit venir à mon secours et me faire passer avec son badge. Evidemment, quand le contrôleur passe, mon billet n’est pas reconnu par son scanneur. Il doit le vérifier à l’ancienne, en lisant avec ses yeux ce qui est écrit. En conséquence, je ne compte pas dans le nombre des voyageurs.
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Une jeune touriste, découvrant la succession d’inscriptions à la peinture rouge « Le bruit tue ! », la première à la sortie de la copropriété où je vis, les suivantes à gauche dans la ruelle : « C’est fou de faire ça. »
23 août 2024
Dans le sous-sol du Book-Off de Saint-Martin, parmi les un euro, je mets la main sur deux curiosités. En un cahier sous pochette plastifiée Deux fantaisies fantastiques de Gérard de Nerval (éditions marguerite waknine). Illustré par Michel Barréteau L’arracheur d’heures de Saint-Pol-Roux (Passage Piétons). A quoi j’ajoute le tout petit Lettres à Tonton de Colette (Mille et une nuits).
Le métro m’emmène à Quatre Septembre. A sa sortie, le vendeur de fruits à la sauvette est de retour. Je bois un café au comptoir du Bistrot d’Edmond dans lequel il y a toujours davantage de serveurs que de clients.
Dans le troisième Book-Off La Salle de bain de Jean-Philippe Toussaint est classé au rayon Vie Familiale. Je trouve un peu plus loin parmi les romans à un euro celui de Ken Kesey Et quelquefois j’ai comme une grande idée, une publication de Monsieur Toussaint Louverture, gros et bel objet avec une couverture de Blexbolex, mais est-ce que je le lirai ? et un livre qui n’en est pas un, que je lirai, La Maison Maupassant de Patrick Wald Lasowski (Gallimard).
Au retour, c’est encore le bazar ferroviaire. Ce mercredi, le train de seize heures quarante pour Rouen et Le Havre, mis à quai tardivement, est ce que les navetteurs présents près de moi appellent « un train de merde », c’est-à-dire un ancien à sièges colorés dans lequel les réservations ne comptent plus.
J’y suis assis, il part à l’heure et, en cherchant un peu, on y trouve des toilettes en état de marche. C’est là que je termine Chez les fous d’Albert Londres.
*
Les mendiants sont de retour à Paris, peut-être plus nombreux qu’avant. La trêve, c’est quand c’est terminé les Jeux et pas encore commencé les Para Jeux. Les fous eux ne sont jamais partis.
Le métro m’emmène à Quatre Septembre. A sa sortie, le vendeur de fruits à la sauvette est de retour. Je bois un café au comptoir du Bistrot d’Edmond dans lequel il y a toujours davantage de serveurs que de clients.
Dans le troisième Book-Off La Salle de bain de Jean-Philippe Toussaint est classé au rayon Vie Familiale. Je trouve un peu plus loin parmi les romans à un euro celui de Ken Kesey Et quelquefois j’ai comme une grande idée, une publication de Monsieur Toussaint Louverture, gros et bel objet avec une couverture de Blexbolex, mais est-ce que je le lirai ? et un livre qui n’en est pas un, que je lirai, La Maison Maupassant de Patrick Wald Lasowski (Gallimard).
Au retour, c’est encore le bazar ferroviaire. Ce mercredi, le train de seize heures quarante pour Rouen et Le Havre, mis à quai tardivement, est ce que les navetteurs présents près de moi appellent « un train de merde », c’est-à-dire un ancien à sièges colorés dans lequel les réservations ne comptent plus.
J’y suis assis, il part à l’heure et, en cherchant un peu, on y trouve des toilettes en état de marche. C’est là que je termine Chez les fous d’Albert Londres.
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Les mendiants sont de retour à Paris, peut-être plus nombreux qu’avant. La trêve, c’est quand c’est terminé les Jeux et pas encore commencé les Para Jeux. Les fous eux ne sont jamais partis.
22 août 2024
La pagaille sur le borduquet à l’arrivée du sept heures vingt-trois ce mercredi, le train long ayant été remplacé par un train court suite aux problèmes de la veille (une caténaire arrachée et plus tard un arbre sur la voie). Je réussis à obtenir une place dans la voiture Trois. J’y ouvre Chez les fous d’Albert Londres Le fou est individualiste. Il ne s’occupe pas de son voisin. Il fait son geste, il pousse son cri en toute indépendance.
En métro je rejoins Ledru-Rollin pour un café au comptoir du Camélia. Au Marché d’Aligre, des deux vendeurs de livres, seul Emile est là. Ses ouvrages sont redescendus à deux euros, mais rien n’est pour moi.
Je marche jusqu’au banc proche de Re-Read et constate que le gérant de Cyclable arrive en scouteur électrique plutôt qu’à bicyclette. A l’ouverture, c’est la jolie vendeuse qui est de service à la bouquinerie. J’en explore les rayonnages sans mettre la main sur un morceau de choix. Je lui dirais bien qu’il ne fallait pas mettre La Pornographie de Witold Gombrowicz au rayon Erotisme mais je crains qu’elle ne me suspecte de louches intentions.
A onze heures je retrouve avec plaisir le Book-Off de Ledru-Rollin. Je n’y achète qu’un seul livre à un euro, mais prometteur, De l’Hexagone considéré comme un exotisme de Francis Navarre (Le Dilettante), un hymne au voyage de proximité dont je suis adepte, avec en épigraphe une citation d’un qui voyageait loin, Nicolas Bouvier, C’était une petite ville torride qui sentait la cannelle.
A midi moins le quart, je déjeune au Rallye d’un filet de hareng suivi d’un confit de canard pommes sautées et d’un café. Trois habituées de l’atelier textile y sont aussi. Elles commandent par téléphone, la serveuse pose leurs plats sur la table et cinq minutes après, elles arrivent pour manger en disant du mal des collègues.
Je n’en crois pas mes oreilles, le Book-Off de Saint-Martin diffuse Air Thé Aile Deux au lieu de Fip. Je demande pourquoi aux deux employées qui garnissent les rayons. C’est parce qu’à la réouverture, ça c’est branché automatiquement sur cette radio, mais on va remettre Fip. Cela fait déjà trois jours que c’est rouvert.
-Eh bien oui, faites le, leur dis-je, car ça c’est de la merde.
Elles me regardent d’un air offensé.
*
Je pense à cette fille qui mardi soir est venue me voir pour me demander mon numéro de téléphone. Je lui ai donné celui de mon fixe et lui ai dit qu’elle pouvait m’appeler même au milieu de la nuit. Ce n’est pas ce qu’on pourrait penser.
En métro je rejoins Ledru-Rollin pour un café au comptoir du Camélia. Au Marché d’Aligre, des deux vendeurs de livres, seul Emile est là. Ses ouvrages sont redescendus à deux euros, mais rien n’est pour moi.
Je marche jusqu’au banc proche de Re-Read et constate que le gérant de Cyclable arrive en scouteur électrique plutôt qu’à bicyclette. A l’ouverture, c’est la jolie vendeuse qui est de service à la bouquinerie. J’en explore les rayonnages sans mettre la main sur un morceau de choix. Je lui dirais bien qu’il ne fallait pas mettre La Pornographie de Witold Gombrowicz au rayon Erotisme mais je crains qu’elle ne me suspecte de louches intentions.
A onze heures je retrouve avec plaisir le Book-Off de Ledru-Rollin. Je n’y achète qu’un seul livre à un euro, mais prometteur, De l’Hexagone considéré comme un exotisme de Francis Navarre (Le Dilettante), un hymne au voyage de proximité dont je suis adepte, avec en épigraphe une citation d’un qui voyageait loin, Nicolas Bouvier, C’était une petite ville torride qui sentait la cannelle.
A midi moins le quart, je déjeune au Rallye d’un filet de hareng suivi d’un confit de canard pommes sautées et d’un café. Trois habituées de l’atelier textile y sont aussi. Elles commandent par téléphone, la serveuse pose leurs plats sur la table et cinq minutes après, elles arrivent pour manger en disant du mal des collègues.
Je n’en crois pas mes oreilles, le Book-Off de Saint-Martin diffuse Air Thé Aile Deux au lieu de Fip. Je demande pourquoi aux deux employées qui garnissent les rayons. C’est parce qu’à la réouverture, ça c’est branché automatiquement sur cette radio, mais on va remettre Fip. Cela fait déjà trois jours que c’est rouvert.
-Eh bien oui, faites le, leur dis-je, car ça c’est de la merde.
Elles me regardent d’un air offensé.
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Je pense à cette fille qui mardi soir est venue me voir pour me demander mon numéro de téléphone. Je lui ai donné celui de mon fixe et lui ai dit qu’elle pouvait m’appeler même au milieu de la nuit. Ce n’est pas ce qu’on pourrait penser.
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