Le train de six heures douze pour Paris est le mien ce mardi premier avril. Je me tiens les pouces, comme on dit en Suisse, pour qu’il ne lui arrive rien. Mon objectif n’est pas Genève mais Saint-Raphaël.
Tout se passe bien. Peu de monde dans le métro Quatorze. J’ai une heure d’attente Gare de Lyon avant le neuf heures neuf pour Nice. C’est un vieux Tégévé dans lequel montent des tas de grosses valises. Je ne suis pas de ceux qui voyagent chargés et qui finissent par s’engueuler devant le coffre à bagages. Il y a aussi celle qui voyage avec son chien, mais point d’enfançon. Harry, notre chef de bord, y va de sa blague de premier avril : « Tempête de neige annoncée à l’arrivée à Nice ».
Traversée de la France sous un ciel bleu. Pour voisin, un étranger qui don’t speak french. Sandouiches triangles à midi. A Marseille, où l’on stagne dix minutes, quelques nuages bourgeonnent à l’horizon. On repart dans l’autre sens. Une femme crie qu’on lui a volé un sac. Il n’était qu’écrasé sous une valise. Après Toulon, on roule au pas, la faute à un problème de passage à niveau. « Arrivée à Saint-Raphaël Valescure avec un quart d’heure de retard », annonce Harry. Ce dont j’avise celle qui doit m’attendre, l’amie de mon logeur, à cinq minutes à pied de la Gare et du Vieux Port, en lui envoyant un texto bourré de fautes de frappe.
Elle n’est point là quand j’arrive devant l’entrée du petit bâtiment où se trouve mon nouveau logis Air Bibi. « J’arrive dans cinq minutes », m’écrit-elle, mesure du Sud car je l’attends le double. C’est au premier étage, avec vue sur une agence immobilière, un petit appartement un peu vieillot, peu cher à la location.
Mon bagage posé, je rejoins le Vieux Port au bout de ma nouvelle rue. Grande roue et grosse basilique. Sous cette basilique, le triptyque Police Municipale et Nationale, Office de Tourisme, McDonald’s. Je m’assois en terrasse au Yachting, face aux bateaux, mais avec une route à voitures entre eux et moi. Des travaux pré Municipale sont en cours pas bien loin. La serveuse est peu aimable et le café à deux euros dix. Nous sommes sur la Côte. Le ciel est maintenant totalement gris. « Au Japon il pleut », se console un couple de retraités à ma gauche qui a de la famille visitant les cerisiers en fleurs.
*
Devant moi, dans le Tégévé, une sexagénaire accompagnant une quinquagénaire aveugle un peu dérangée qui l’accaparait pendant tout le voyage. J’aurais préféré la fille au chien, ce dernier ne disant pas un mot. Comment fait-elle pour supporter ça ? A l’arrivée, je n’en pouvais plus.
*
Le véritable voyage ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux. C’est signé Marcel Proust et figure sur un marque-page trouvé dans un livre acheté chez Book-Off. Au verso : « Prenez l’air, le temps d’une escapade de printemps ! » C’est ce que je fais. Et les nouveaux yeux, je les ai au sens propre.
Tout se passe bien. Peu de monde dans le métro Quatorze. J’ai une heure d’attente Gare de Lyon avant le neuf heures neuf pour Nice. C’est un vieux Tégévé dans lequel montent des tas de grosses valises. Je ne suis pas de ceux qui voyagent chargés et qui finissent par s’engueuler devant le coffre à bagages. Il y a aussi celle qui voyage avec son chien, mais point d’enfançon. Harry, notre chef de bord, y va de sa blague de premier avril : « Tempête de neige annoncée à l’arrivée à Nice ».
Traversée de la France sous un ciel bleu. Pour voisin, un étranger qui don’t speak french. Sandouiches triangles à midi. A Marseille, où l’on stagne dix minutes, quelques nuages bourgeonnent à l’horizon. On repart dans l’autre sens. Une femme crie qu’on lui a volé un sac. Il n’était qu’écrasé sous une valise. Après Toulon, on roule au pas, la faute à un problème de passage à niveau. « Arrivée à Saint-Raphaël Valescure avec un quart d’heure de retard », annonce Harry. Ce dont j’avise celle qui doit m’attendre, l’amie de mon logeur, à cinq minutes à pied de la Gare et du Vieux Port, en lui envoyant un texto bourré de fautes de frappe.
Elle n’est point là quand j’arrive devant l’entrée du petit bâtiment où se trouve mon nouveau logis Air Bibi. « J’arrive dans cinq minutes », m’écrit-elle, mesure du Sud car je l’attends le double. C’est au premier étage, avec vue sur une agence immobilière, un petit appartement un peu vieillot, peu cher à la location.
Mon bagage posé, je rejoins le Vieux Port au bout de ma nouvelle rue. Grande roue et grosse basilique. Sous cette basilique, le triptyque Police Municipale et Nationale, Office de Tourisme, McDonald’s. Je m’assois en terrasse au Yachting, face aux bateaux, mais avec une route à voitures entre eux et moi. Des travaux pré Municipale sont en cours pas bien loin. La serveuse est peu aimable et le café à deux euros dix. Nous sommes sur la Côte. Le ciel est maintenant totalement gris. « Au Japon il pleut », se console un couple de retraités à ma gauche qui a de la famille visitant les cerisiers en fleurs.
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Devant moi, dans le Tégévé, une sexagénaire accompagnant une quinquagénaire aveugle un peu dérangée qui l’accaparait pendant tout le voyage. J’aurais préféré la fille au chien, ce dernier ne disant pas un mot. Comment fait-elle pour supporter ça ? A l’arrivée, je n’en pouvais plus.
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Le véritable voyage ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux. C’est signé Marcel Proust et figure sur un marque-page trouvé dans un livre acheté chez Book-Off. Au verso : « Prenez l’air, le temps d’une escapade de printemps ! » C’est ce que je fais. Et les nouveaux yeux, je les ai au sens propre.